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Fréquence les espadrilles

 
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The Po(U)et
Nursy à temps plein s'occupant de Sa Suprême Bâla

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MessagePosté le: Dim 4 Sep - 00:20 (2011)    Sujet du message: Fréquence les espadrilles Répondre en citant

Il fallait bien que j'ouvre un sujet (il était bien temps au bout de 6 mois ) sur nos émissions de radio(s) préférées et je commencerai donc par un enterrement dont je vais bien avoir du mal à me remettre.

Je poursuis donc ma nécrologie de mon aventure radiophonique avec Bernard Lenoir.

(Je m'étonnais aussi que Hugo n'ait pas réagi.)
D'abord cette bafouille  de Hugo Cassavetti, par ailleurs journaliste à Télérama – là, j'ai le droit de le nommer –, il n'y a pas de hasard ni de drôles de coïncidences en ces domaines.   Cassavetti faisait aussi chroniqueur pour revisiter des classiques des musiques indés avec Lenoir, à l'occasion.


«

Le lien qui est le mien avec Bernard Lenoir est une longue et belle histoire. D’amitié, bien sûr, mais là n’est pas la question. Bernard Lenoir, plus que tout autre, à son corps défendant, a donné du sens à mon rapport pathologique à la musique, à cette musique - le rock, la pop, appelez-là comme vous voulez -, que j’aime tant au point de sentir parfois qu’elle m’étouffe mais dont je n’ai jamais pu me passer. Peut-être parce que, malgré des parcours de vie éloignés et une différence d’âge d’une quinzaine d’années, elle remplit une fonction similaire chez lui : la plus douce et intense des bouées de secours.

Bien avant de le rencontrer, de travailler - le mot me paraît bien étrange - avec lui, il faisait partie de ma vie. Adolescent boulimique de disques et de pop music, je m’endormais l’oreille collée au Pop Club de José Artur dont la première demi-heure était consacrée aux nouveautés proposées par Lenoir. Et oui, on oublie qu’avant de causer de théâtre et de mille autres sujets culturels, le Pop Club proposait en ouverture chaque soir une rasade de Neil Young, de Jackson Browne, de J. Geils Band ou d’Alice Cooper !

Générique explosif
Je me souviens m’être rendu, en 1978, à la Maison de la Radio pour assister en direct à la dernière du Pop Club dans ce format. Ce soir-là, Bernard était là avec ses vinyles, un peu fébrile. Artur annonça la naissance de Feedback, une heure de rock animée et programmée, tous les soirs, par Lenoir. Avec son générique explosif piqué à la dernière minute, et en catastrophe, sur le premier album de Van Halen (!), Feedback suivit la lente mutation de la culture rock, progressivement tiraillée entre institutions de plus en plus consensuelles et courants alternatifs nés du séisme punk.
Alors qu’on pouvait, en écoutant Feedback au crépuscucule des seventies, encore gagner, à quelques jours d’intervalle grâce à des concours sur carte postale, des places de concerts de Thin Lizzy et de Talking Heads (ce fut mon cas), la deuxième tendance prit lentement mais sûrement le dessus. Bernard Lenoir, à l’image des concerts aujourd’hui mythiques qu’il diffusait en direct des Bains Douches (dont la prestation d’anthologie de Joy Division) est devenu la voix de la « musique pas comme les autres ».

La rencontre s’est faite début 1985, à Antenne 2, du temps des Enfants du Rock. J’étais alors assistant de Philippe Manœuvre et Jean-Pierre Dionnet sur Sex Machine, mais depuis quelque temps, des tensions se faisaient sentir. Patrice Blanc-Francard, alors directeur des Enfants du Rock, eut alors l’idée de me faire travailler avec son vieux complice Lenoir, qui se morfondait pas mal à concocter, seul, Rockline, émission consacrée à l’actualité du rock anglais. Right time, right place, comme on dit. Right person, pourrais-je ajouter.

Escapade à Londres
C’était ma culture, mon goût, j’apprenais un métier, on s’amusait. Une interview filmée d’un Lloyd Cole débutant place des Abesses, à Paris, un aller-retour en voiture de nuit pour tourner Paul Young à Dusseldorf, le pli fut vite pris. Chaque mois, une escapade à Londres, à Manchester ou à Glasgow, des rencontres avec Julian Cope, les Psychedelic Furs, New Order ou le Jesus and Mary Chain, permettaient d'étoffer les clips de la BBC qui constituaient l’essentiel du programme. Je n’en revenais pas de la confiance que Bernard me faisait.
Au bout de quelques mois, il me confia une mission : me rendre à Londres, armé d’un magnétophone Nagra, recueillir une interview de Cure pour son émission de radio de l’époque, Kodack Rock (diffusée sur différentes radios de la FM, NDLR). Je n’avais jamais fait ça de ma vie. Si l’interview se passa bien, je découvris après, avec horreur, que la bande n’avait rien enregistré. Pour Lenoir, c’était évidemment une catastrophe. Mais il ne me l’a jamais fait sentir. Il me lâcha avec une élégance et une gentillesse rares : « Ça arrive, ce n’est pas grave. »

Lorsqu’en 1987, l’aventure des Enfants du Rock toucha à sa fin pour nous, il retrouva la radio - 95,2 puis Europe 1 avant de reprendre la place qui lui manquait à Inter -, je me reconvertissais dans la presse écrite. Régulièrement, il m’appelait pour assurer des entretiens avec des musiciens invités, avant de simplement me convier à passer les disques et parler des artistes dont j’avais envie.

Liberté et bonne humeur
Pendant vingt ans, ça s’est déroulé ainsi. En toute liberté et bonne humeur, avec mes insupportables tics de langage et phrases qui ne se finissent jamais, devant les rires ou les yeux au ciel de la précieuse et fidèle réalisatrice Michelle Soulier. Je parlais à Bernard, tout ouïe, qui m’encourageait. J’oubliais qu’on était écouté, ça m’aurait paralysé. Je m’en voulais juste de ne pas mieux m’exprimer, de ne pas être assez clair et concis. De semaine en semaine, ma vaste discothèque personnelle, hétéroclite, amassée à l’instinct, prenait du sens. Elle reflétait mes goûts propres, que je découvrais enfin en en parlant spontanément à l’antenne.
Bernard Lenoir n’a jamais beaucoup frayé avec le milieu du showbiz et de l’industrie du disque, n’a jamais cherché à être ami avec les artistes qu’il programmait. C’est ce que j’apprécie aussi chez lui. Seule la musique et les disques importent, pour le plaisir et l’émotion qu’ils lui procurent. Le reste, le soi-disant purisme rock et toute sa farandole de clichés tristes ou conservateurs, il n’en a cure. Il a été, sur le service public, un formidable passeur de « musiques pas comme les autres ». Grâce à lui, à mon petit niveau, j’ai pu l’être aussi.
L’émission de Lenoir, sur Inter, c’est fini. On a beau s’y attendre, le choc est rude. Bonjour, tristesse. Mais l’histoire de Bernard Lenoir est loin d’être terminée. Tout comme la mienne, assurément, avec lui. »

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MessagePosté le: Dim 4 Sep - 00:20 (2011)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Dim 4 Sep - 00:34 (2011)    Sujet du message: Fréquence les espadrilles Répondre en citant

Alors info qui vient de tomber dans le genre France Inter nous fait du grand n'importe quoi, sacrifie mes trois émissions chéries et ne satisfait personne (pauvre Laurence Pierre qui ne verra pas une dix-huitième saison avec ses Alternatives  – qu'elle animait le week-end en soirée. Elle en a pleuré ce soir en fin d'émission) :

Où va France Inter (France Inter est en train de jouer Où va Lila Jane de Daphné et ça tombe à pic) ?

Laurence Pierre remplace (au pied levé) Lenoir sur France Inter  



Jean-Luc Hees, président de Radio France, l'a annoncé mardi 30 août, lors de la conférence de presse de rentrée de la Maison Ronde : Laurence Pierre occupera la case laissée vacante sur France Inter par Bernard Lenoir.


Après quelques jours de rediffusions - Dominique A hier soir, Timber Timbre ce soir et The XX jeudi -, la productrice d'Alternatives prendra la relève lundi 5 septembre. « J'ai appris jeudi soir par texto le départ de Lenoir, nous explique Laurence Pierre. J'étais super triste, totalement anéantie, car c'est à cause de lui que je fais de la radio. Philippe Val et Laurence Bloch [respectivement directeur et directrice adjointe de France Inter] m'ont appelée et affirmé que j'étais sa digne héritière. Il m'a semblé que je ne pouvais pas refuser leur proposition. »
Diffusée du lundi au jeudi de 23h15 à minuit, son émission devrait s'appeler Addictions et sera quasi entièrement musicale. « Elle s'inscrira dans la veine d'Alternatives, avec un flot vénéneux pop/électro, et mélangera les genres. Je compte fouiller la production musicale et mettre en avant ce qui m'émeut, comme la musique d'Apparat ou de M83 par exemple. Même si Lenoir a raison de dire que, désormais, tout se passe sur Internet, je suis heureuse que l'on conserve un esprit de découverte à la radio. »
A priori, Laurence Pierre n'organiserait pas de sessions live, mais espère pouvoir intégrer quelques-uns de ses chroniqueurs habituels. Si les amateurs de musique se réjouiront qu'une animatrice sachant mêler bande dessinée, hip hop, électro ou vidéo fasse perdurer l'esprit Lenoir, les fidèles d'Alternatives regretteront une plage défricheuse nourrie de reportages et d'interviews, depuis dix-huit ans à l'antenne. Samedi 3 septembre à 22h15, la productrice animera pour la dernière fois son émission habituelle (on ignore encore qui la remplacera). Avant d'aller « injecter a marginalité » à un rythme quotidien.
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MessagePosté le: Mer 7 Sep - 16:50 (2011)    Sujet du message: Fréquence les espadrilles Répondre en citant

Hervé Pauchon s'est glissé entre les cartons de Bernard lenoir sur le départ d'Inter.

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=155697

Émission Un temps de Pauchon par Hervé Pauchon (du lundi au jeudi de 10h50 à 11h sur France Inter)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 19:01 (2018)    Sujet du message: Fréquence les espadrilles

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